Les invités-surprise des contraceptifs hormonaux

Attention: cet article ne se veut ni moralisateur ni source de peur, il a simplement pour but de fournir un maximum d’informations sur ce type de contraceptions, afin de permettre aux lecteur-trice-s de faire des choix éclairés. 

De nombreuses études ont révélé au fil des ans différents effets secondaires de gravité variable. 

Augmentation des risques de cancer du sein, du col de l’utérus et du foie

On observe une augmentation du risque de cancer du sein chez les personnes utilisant des pilules mini-dosées, des implants et des stérilets hormonaux. Il augmente avec les années de prise et reste plus élevé durant 5 ans ou plus que chez les personnes n’ayant pas utilisé de contraceptions hormonales. Pendant des années, le principal coupable semblait concerner les contraceptions combinant oestrogènes et progestatifs de synthèse. Les progestatifs seuls, bien que porteurs d’autres effets secondaires, n’étaient pas directement concernés. Depuis 2017 cependant, de nouvelles recherches tendant à démontrer qu’ils présentent un risque similaire.

Les utilisateur-trice-s de contraceptifs oraux présentent également un risque plus élevé de développer un cancer du col de l’utérus. Plus la durée d’utilisation des contraceptifs oraux est longue, plus le risque de cancer du col de l’utérus augmente. On parle d’une augmentation de 10% pour une utilisation de moins de 5 ans, de 60% pour une utilisation de moins de 10 ans et d’une multiplication par deux au-delà de 10 ans. Heureusement, ces chiffres diminuent après l’arrêt de la contraception. 

D’autres études pointent encore une augmentation du risque de développer un cancer du foie, qu’ils s’agissent de tumeurs bénignes ou malignes, selon la durée de prise. Ces premiers résultats se basant souvent sur des formes anciennes de pilules et présentant des résultats contradictoires, des études supplémentaires doivent cependant être réalisées afin de confirmer ou infirmer ce lien. 

A contrario, la pilule est connue pour réduire le risque de cancer colorectal (-15 à -20%), ovarien (-30 à -50%), endométrial (-30%) et lymphatique, avec des effets persistant durant de nombreuses années après l’arrêt du traitement. 

Les hormones protègeraient et nous mettraient en danger tout à la fois. Mais sommes-nous réellement condamné-e-s à choisir notre type de cancer préféré ? 

Augmentation des risques de thrombose

Les contraceptifs hormonaux, tels que la pilule combinée contenant des œstrogènes et des progestatifs, ont été associés à un risque accru de thrombose, une situation où des caillots se forment dans les vaisseaux sanguins. Des études ont montré que les femmes utilisant des contraceptifs oraux combinés ont un risque environ 3 à 6 fois plus élevé de développer une thrombose veineuse par rapport aux non-utilisatrices. Par exemple, une étude publiée dans le British Medical Journal en 2015 a révélé que le risque de thrombose veineuse chez les utilisatrices de contraceptifs oraux combinés était de 9 à 12 cas pour 10 000 femmes-années, comparativement à 1 à 5 cas chez les non-utilisatrices. 

Toutefois, ce risque peut varier en fonction du type de progestatif utilisé dans le contraceptif et d’autres facteurs de risque individuels, tels que des antécédents familiaux, l’obésité et le tabagisme.

Une étude de 2023 montre d’ailleurs que le risque est augmenté en cas d’utilisation combinée avec la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens. 

Augmentation des risques de dépression 

L’impact des contraceptifs hormonaux sur le risque de dépression a été un sujet de recherche important ces dernières années. Une étude danoise de grande envergure, publiée dans le Journal of the American Medical Association Psychiatry en 2016, a révélé que les utilisatrices de contraceptifs hormonaux avaient un risque accru de débuter un traitement antidépresseur. Cette étude a montré que les adolescentes âgées de 15 à 19 ans utilisant la contraception combinée avaient environ 80% de risque en plus de se voir prescrire des antidépresseurs, comparativement à celles ne prenant pas de contraceptifs hormonaux. Chez les femmes adultes, ce risque était légèrement inférieur mais restait significatif. Une autre étude datant de 2023, et basée sur une cohorte de 264’557 femmes, a mis en avant une augmentation significative du taux de dépression chez les utilisatrices de CO, particulièrement durant les 2 premières années. 

Le taux particulièrement élevé chez les adolescent-e-s peut s’expliquer de différentes façons. D’abord, l’adolescence est une période de changements hormonaux et psychologiques importants, rendant les jeunes particulièrement sensibles aux fluctuations hormonales supplémentaires induites par les contraceptifs. Les hormones contenues dans ces contraceptifs peuvent affecter l’humeur en influençant les niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau, tels que la sérotonine, qui joue un rôle clé dans la régulation de l’humeur. De plus, les adolescent-e-s sont en phase de développement de leur identité et de leur estime de soi, et les effets secondaires physiques des contraceptifs, comme la prise de poids ou l’acné, peuvent affecter négativement leur image corporelle. Enfin, cette période de la vie est souvent marquée par des expériences et des défis émotionnels nouveaux, et l’ajout de contraceptifs hormonaux peut compliquer la gestion de ces défis. Il est donc crucial d’aborder ces questions avec sensibilité et de fournir un soutien adéquat aux adolescent-e-s qui choisissent d’utiliser des contraceptifs hormonaux.

Baisse de la libido, perte de cheveux et prise de poids

L’impact des contraceptifs hormonaux sur la libido est un sujet complexe et varie d’une personne à l’autre. Les contraceptifs hormonaux, tels que la pilule, les implants ou les patchs, peuvent influencer la libido en modifiant les niveaux hormonaux dans le corps, en particulier ceux des œstrogènes et des progestatifs. Ces hormones jouent un rôle clé dans la régulation du désir sexuel. Une étude publiée dans The Journal of Sexual Medicine a démontré que les personnes utilisant une contraception hormonale avaient une activité sexuelle moins fréquente, ressentaient moins de plaisir, accédaient moins facilement à l’orgasme et avaient une moins bonne lubrification. 

Certains progestatifs comme le levonorgestrel peuvent également engendrer une chute de cheveux car ils possèdent un index androgénique élevé. Ils agissent sur les follicules pileux en les miniaturisant, provoquant leur chute. 

Les contraceptifs hormonaux, tels que la pilule, l’implant ou le patch, peuvent potentiellement influencer le poids en modifiant les équilibres hormonaux dans le corps, ce qui peut affecter l’appétit, le métabolisme et la rétention d’eau. Cependant, les recherches scientifiques n’ont pas encore pu établir clairement un lien direct entre l’utilisation de contraceptifs hormonaux et une prise de poids significative.

Perturbation du microbiote intestinal et carences nutritionnelles 

Plusieurs études se sont penchées sur les carences pouvant découler de la prise de CO. Il a été démontré que les principaux appauvrissements en nutriments concernent l’acide folique, les vitamines B2, B6, B12, les vitamines C et E et les minéraux magnésium, sélénium et zinc. Une méta-analyse publiée dans le Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada relève également une diminution des taux de folates chez les personnes utilisant des CO. 

Les conséquences seront évidemment plus marquées chez une personne déjà carencée ou ayant un régime alimentaire pauvre en nutriments. 

L’impact des contraceptifs hormonaux sur le microbiome intestinal est un domaine de recherche relativement nouveau et en pleine expansion. Les contraceptifs hormonaux, qui modifient les niveaux d’hormones comme les œstrogènes et les progestatifs dans le corps, peuvent potentiellement influencer la composition et la fonction du microbiome intestinal. Les hormones jouent un rôle dans la régulation de l’inflammation et de la perméabilité intestinale, et des changements dans leur équilibre peuvent affecter la diversité et l’équilibre des bactéries intestinales. Une étude de 2019 publiée dans « Gut Microbes » a indiqué que l’utilisation de contraceptifs oraux était associée à des modifications spécifiques du microbiome, bien que l’ampleur et la signification clinique de ces changements restent à déterminer. Cependant, les données actuelles sont encore limitées et les résultats des études peuvent varier. Il est donc crucial de poursuivre la recherche dans ce domaine pour mieux comprendre l’impact des contraceptifs hormonaux sur le microbiome intestinal et ses implications potentielles pour la santé globale.

En conclusion

La vérité est qu’aucune étude ne tranche définitivement ces questions pour l’instant, bien que certains effets secondaires soient confirmés par de plus en plus d’études (ex: cancer du sein). Rien n’est systématique, toutes les personnes utilisant des contraceptifs hormonaux ne seront pas impactées de la même manière. Mais les effets secondaires existent et sont suffisamment fréquents pour être remarqués. Ils dépendent cependant de la composition du produit et de la constitution physique et psychologique de la personne. L’ensemble de ces facteur est malheureusement trop souvent insuffisamment pris en compte par les professionnel-le-s de santé au moment de prescrire un contraceptif. Avec les conséquences que l’on connaît.

Aujourd’hui, il existe de plus en plus d’alternatives aux contraceptions hormonales, qui possèdent toutes des avantages et des inconvénients mais présentent pour la plupart beaucoup moins d’effets secondaires. Cela vaut la peine de s’intéresser de plus près à ces alternatives et d’en peser le pour et le contre, afin de faire son choix en toute conscience. D’ailleurs, utiliser son BRAIN peut se révéler très utile…

SOURCES:

Cancers:

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29211679/

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6124967/

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36943819/

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/12686037/

https://www.cancer.gov/about-cancer/causes-prevention/risk/hormones/oral-contraceptives-fact-sheet#r9

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4985369/

Thromboses:

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/22577198/

https://www.bmj.com/content/382/bmj-2022-074450

Dépression:

https://jamanetwork.com/journals/jamapsychiatry/fullarticle/2552796

https://www.cambridge.org/core/journals/epidemiology-and-psychiatric-sciences/article/populationbased-cohort-study-of-oral-contraceptive-use-and-risk-of-depression/B3C611DD318D7DC536B4BD439343A5BD#article

Libido:

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24286545/

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35765001/

Assimilation des nutriments et microbiome:

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23852908/#:~:text=It%20has%20been%20shown%20that,to%20women%20who%20do%20not.

https://www.jogc.com/article/S1701-2163(15)30258-9/pdf

https://journaljammr.com/index.php/JAMMR/article/view/3436/6893

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35452382/

Autre source:

Briden, L. (2017). Period Repair Manual. Natural Treatment for better hormones and better periods (2e éd.). Poland: Amazon Fulfillment.

Pour rappel, le plagiat est illicite et des contrôles sont faits régulièrement sur ces articles afin que la propriété intellectuelle de l’auteure soit respectée

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